
© Nicolas Joubard
Croyez-nous si vous le voulez, ce fut une sacrée soirée ! Béatrice Macé l’explique très bien, chaque projet à l’international est une occasion de faire vivre nos idées, notre projet dans un autre contexte. Par son déroulé, son ambiance, notre étonnement de tous les instants, cette première soirée des Trans à Moscou en est un bel exemple. Voilà, nous sommes dépaysés. Et pourtant, c’est bien une soirée Trans que nous venons de vivre !
L’Arena nous a offert un écrin particulier. Dans cette salle dont la construction n’est pas encore achevée, on vous le rappelle, pas de loges ni vraiment de bureaux… De petits espaces disparates aménagés au mieux, petites tables, petites chaises, petits recoins où s’installer et au milieu de tout cela, une équipe qui tourbillonne ! L’adaptation est de mise, et chacun a su s’accommoder, partager. A toi l’imprimante, à moi la connexion Internet, à nous ces deux PC seulement mais toujours, plus forte que tout, l’envie de faire et de bien faire le travail !
Dans le hall de notre chic hôtel Renaissance, l’espace médias, notre campement, c’est d’ici que nous vous avons écrit, à trois sur une banquette autour du même ordi. Original, n’est ce pas ? Les journalistes allaient, venaient, repartaient et ce hall a été, pour eux comme pour nous, un repère, une bulle au milieu du tumulte. Au dehors, les bruits incessants de la ville… Les voitures sont partout chez elles à Moscou. Approcher le festival supposait pour nous un passage par l’extérieur. Longer l’allée autour de l’hôtel, franchir les barrières de sécurité du site, agents en costumes cravates ou treillis (du pas banal, on vous le dit), bracelet vert pour entrer, une barrière et nous sommes sur la scène extérieure où jouent en début de soirée Eat my Beat, Illuminated Faces, Yuri Saprykin, Mujuice et Fstep and Flying Rods ; deuxième barrière, nous traversons le « campement » des artistes, quelques camions transformés en loges (tout le monde s’adapte, c’est les Trans en Russie !), espace de rencontres singulier, fumoir intimiste en plein air… Trois marches, entrée de salle, un couloir qui sent le café et le bruit, plus net, plus fort, des concerts en train d’être donnés.

© Nicolas Joubard
Plus que trois pas et nous y sommes… Cette nuit, l’Arena est une boule d’énergie ! Le béton tremble, ceux qui connaissent le Parc Expo ne sont plus dépaysés. Au cœur du site, l’atmosphère est bien celle d’un hall à Rennes. La scène est grande, source de lumière qui attire le regard immédiatement. Les publics l’ont face à eux lorsqu’ils franchissent l’entrée et l’effet est le même. Nous les voyons débouler dans la place, sautant, dansant, attirés par la scène comme par un aimant. Car dans ce site étrange, nouveau pour tous, c’est bien une rencontre particulière qui se produit. Les Russes connaissent d’un côté les night-clubs, de l’autre les festivals de variété. A mi-chemin, ce soir, il y eût les Trans, un rendez-vous différent, vrai festival mais artistiquement, tout autre chose !
La soirée est montée en puissance progressivement. Aux beats de DJ Sandra dont on vous parlait en ouverture ont succédé les Popopopops et leur live de pop dansante ultra efficace qui, bien que tôt dans la journée, a mis les premiers festivaliers en jambes. Ils nous ont quitté sur une reprise de Break on Through des Doors, laissant la place au premier DJ set de Bobby Hardcore Liberace.

Success ©High Q Pix
Success enchaîne, le public présent s’en prend plein les yeux, plein les oreilles et visiblement, il aime ça ! Il faut dire qu’avec une électro tellement puissante et des riffs de guitare redoutables, difficile de résister. Quant à Mister Eleganz, il a décidément l’art et la manière de marquer les esprits…

DJ Netik Success ©Nicolas Joubard
Un décollage rapide, qui marque cependant le pas avec le set de DJ Netik, qu’il a lui-même qualifié de rendez-vous inhabituel (voir son interview sur Facebook). Sa technicité, bluffante, a bien scotché mais il nous a confié après coup ne pas s’être assez libéré pour embarquer totalement le public. Petite frustration donc, sur laquelle la salle ne s’est pas arrêtée. Le décollage a repris avec toute l’énergie de Push Up ! Ceux qui les ont vus aux Trans dernières se souviennent encore de leur générosité et de la présence magnétique sur scène. Le public a recommencé de plus belle à danser.

Push Up ! ©Nicolas Joubard
A peine le temps de s’en remettre que les Russes de Flammable Beats sont sur scène. Les publics continuent d’arriver ; progressivement, le site s’anime et se remplit. Ceux que l’on croise ne se ressemblent pas, et c’est bien ! Initialement prévu pour accueillir le festival, Winzavod était un lieu identifié, une friche artistique connue du public russe et de la jeunesse dorée. A l’Arena, nous croisons des styles différents, des publics assez proches de ceux des Trans finalement. Un public enthousiaste, motivé et surtout – c’est Simon des Pops qui nous l’a dit – un public désinhibé dont la manière de se jeter dans les concerts a fait plaisir à voir toute la soirée.

Dizzee Rascal ©Nicolas Joubard
D’ailleurs, le groupe que le public attend, on ne vous le cache pas, c’est Dizzee Rascal, le pic de la soirée. Un show énorme, une ambiance et une puissance égales sur scène comme sur la salle. Le public est chaud et ça n’est pas pour déplaire à l’artiste qui en redemande et offre un grime du tonnerre de Dieu ! A l’apothéose de son show, Dizzee Rascal a dédié un morceau entier à Moscou et a clamé « It’s my first time in Russia ». La salle était en transe et on s’est dit, finalement, nous aussi ! On s’est posé au VIP pour savourer et c’était une bonne idée : on y a surpris Push Up ! en train de danser. Un vrai spectacle, vous imaginez ?

Yuksek ©Nicolas Joubard
On ne vous cache pas qu’il a fallu se remettre un peu de toutes ces émotions, mais Yuksek, dans un style spatial complètement différent, nous a maintenu en haleine… Superbe DJ set bien sûr. Vous savez, cette manière qu’il a de vous faire monter, monter, monter… de vous laisser en l’air, tendus, suppliants que la musique vous délivre d’un coup, et cette façon de vous libérer, mains en l’air, corps secoués… Résultat : un public rincé, qui en redemande et ne sait plus sur quelle planète il est. Spatial, on vous disait !
Nous, c’est après ça qu’on a lâché, mais on n’a bien été les seuls et le DJ set des Pops a embarqué tout le monde pour un autre voyage.
Quant à Jean-Louis Brossard, sachez qu’il a passé une très bonne soirée et a tenu à saluer les belles prestations de chacun de groupes français embarqués pour la soirée. Un conseil ? Allez tendre une oreille du côté d’Eat my Beats et de Mujuice, deux DJs russes qu’il a aimés !
Nous, tout ça, ça nous inspire. L’aventure Trans est une échappée musicale en terres inconnues. A Rennes comme ailleurs, on en ressort dépaysé. C’est une rencontre, plutôt un moment fait de plusieurs rencontres, toutes surprenantes… Si ce soir, la salle n’était pas pleine, on vous dit sans mentir, sans tricher, que la rencontre a marché !

© Nicolas Joubard
2h30, nous levons le camp. L’Arena vibre encore aux sons des russes de The Proxy mais le reste de la soirée ne nous appartient pas… On apprendra plus tard qu’une after a emmené pas mal de monde au bout de la nuit. Une folle nuit de concerts que les Success et The Popopopops ont fini rien moins que dans la piscine de l’hôtel au petit matin, à 2h de leur vol retour vers la France !
Nous, on est rentrés sagement au bercail et du 29ème étage de notre hôtel, dans une ambiance ouatée que nos oreilles ont appréciée, on a contemplé la ville qui continuait de bourdonner… Cette ville ne s’arrête pas, et ça tombe très bien : les Trans remettent ça demain !