Histoires de publics




 

Avez-vous un souvenir intimement lié à un artiste, un groupe découvert aux Trans que vous souhaiteriez partager? Nous vous invitons à raconter ce souvenir mémorable pour vous en suivant le lien suivant: https://histoiresdepublics.typeform.com/to/RVOxCF.

Un court texte, un morceau préféré si vous le souhaitez, et nous alimenterons cet espace numérique dédié et éventuellement, si le contenu le permet, une exposition sur les Trans !

 

Nico M
Har Mar Superstar (Hall 3) – NicoM

 

ALEXIS ET HAR MAR SUPERSTAR (TRANS 2013)

 

Il y a des jeudis qui ne s’oublient pas aux Trans Musicales et ce jeudi 5 décembre 2013 se termine avec l’exubérant Har Mar Superstar. Ce nom de scène lui va si bien qu’il décide au bout de quelques morceaux de faire tomber son poncho doré et autres vêtements superflus. La température monte. C’est au rythme d’un groove déchainé et collé à la barrière de sécurité qu’avec mon pote d’enfance nous prenons une claque musicale incroyable. Si les paroles de « Prisoner » résonnent encore c’est surtout son « poirier » chanté qui m’émerveille encore, 5 ans après. Ainsi que son irréductible penchant pour s’aventurer dans le public. Nous avons donc passé une bonne partie notre temps avec ce show man, à le porter, à le tenir. Je crois qu’après tout ce temps, nous sentons encore la sueur couler sur nos visages sans savoir si c’est la nôtre ou celle d’Har Mar.

 

London Grammar (Hall 4) – Nicolas Joubard

 

ELISE ET LONDON GRAMMAR (TRANS 2013)

 

Chaque année, nous fêtons notre anniversaire de mariage aux Trans, nous étant mariés un 6 décembre. En 2013, nous avons fêté nos 10 ans. Ces Trans ont été particulièrement belles, et je garde un souvenir impérissable du concert de London Grammar que nous découvrions. C’était juste merveilleusement romantique…

 

MV Bill (Hall 9) – Nicolas Joubard

 

PAUL ET MV BILL (TRANS 2005)

 

Parce que ce fût mon premier concert de mes premières Trans et qu’on oublie jamais sa première fois.

 

Husky Loops (Ubu) – © Marion Bornaz

 

LUCIE ET HUSKY LOOPS (TRANS 2017)

 

Mercredi à l’Ubu : ouverture des Trans 2017. Survoltée, excitée, fière, déjà sans sommeil depuis plus de 3 jours, des bouchons enfoncés très loin dans mes oreilles (et pour cause le groupe joue extrêmement fort). Je me souviens être placée au meilleur endroit dans la salle : sur la troisième marche, face à la scène quand le groupe entame LA chanson que j’attendais de tout le festival : Girl Who Wants To Travel The World. Dans la fosse, mon collègue Thomas se retourne alors vers moi en me pointant du doigt et je lis sur ses lèvres « C’est TA chanson ». La fille qui part faire le tour du monde toute seule c’est moi et à ce moment précis je me projette dans le congé sabbatique qui m’attend à la fin de l’année et qui me fera rater les 40èmes Trans. Du 05 au 09 décembre 2018 je serai aux îles Fidji ou en Australie, peu importe, j’emmène Husky Loops et bien d’autres dans mes écouteurs.

 

Bon Iver (Cité) – Nicolas Joubard

 

PAT ET BON IVER (TRANS 2008)

 

La salle de la Cité, un samedi après-midi, 3 groupes, dont le 3ème (Sami Decoster) avec une campagne marketing intense pour la sortie de son 1er album. Le 1er groupe, totalement inconnu, et la très grosse claque pour tout le public de la Cité : Bon Iver jouait son 1er album, « For Emma », la classe, mélodies superbes, respect. Les 2 autres groupes à suivre ont du coup semblé quelque peu « fades » après une telle classe musicale.

Daft Punk (Photo Promotionnelle Trans 1996)

 

THOMAS ET DAFT PUNK (TRANS 1996) via CONTREFAÇON (TRANS 2016)

 

Samedi 3 décembre 2016 au Parc Expo, 4h30 du matin environ. On approche de la fin de cette édition et je me dirige comme prévu vers le hall 8 pour assister au show très attendu de la fanfare techno Meute. Je me permets néanmoins un petit détour par le grand hall 9 pour capter en quelques minutes l’ambiance du concert de Contrefaçon. Le groupe parisien produit une bande-son électro-house qu’ils mettent en scène dans une série de clips narratifs sombres, futuristes et parfois violents. Malgré la qualité et l’intensité du show, je m’apprête à quitter la salle comme prévu, quand soudain, au milieu de leur propres productions, ils lancent « Rollin’ & Scratchin' » de Daft Punk, comme une citation ou un hommage. Je me ravise et reste donc là. Progressivement, au fur et à mesure que la mécanique impitoyable de ce morceau complètement dingue se met en place et que l’hystérie collective commence à gagner les danseurs et les danseuses qui m’entourent, je m’aperçois que je suis en train de vivre un voyage dans le temps, au sens littéral. Une expérience quasi-mystique, tout en restant strictement immobile.

Samedi 7 décembre 1996, soirée Planète. Je viens d’arriver à Rennes pour faire mes études il y a 3 mois et ce sont mes premières Trans. Je suis au beau milieu du plus grand hall du Parc Expo et j’assiste avec des potes au concert de Daft Punk. Avant ce jour, le duo était une promesse : « des jeunes talentueux », « l’avenir de la house française »… Avec ce concert, nous avons aussitôt acquis la certitude que c’était les plus grands, et pour longtemps. Quand les premiers kicks de « Rollin’ & Scratchin' » ont commencé à émerger du mix, j’ai ressenti physiquement la clameur qui se diffusait dans toute la salle. Un frisson à la mesure de ce morceau, cette face-B – peut-être la plus grande face-B de l’histoire des faces-B – qui à elle seule a converti un nombre incalculable d’amateurs de rock réfractaires à la techno. En tous cas jusqu’à ce qu’ils entendent ces sonorités incroyables : il était donc possible de sculpter des sons synthétiques pour qu’ils soient aussi rugueux, avec ce grain de papier de verre, le tout sur un rythme paradoxalement aussi martial qu’élastique. Les vagues nous submergent à chaque nouvelle montée. Tout le monde saute. Tout le monde hurle. Et tout le monde chante en imitant les montagne russes réalisées par cette sonorité indescriptible qui nous emmène tous vers l’acmé orgasmique de ce morceau de bravoure jamais égalé.

Le morceau s’achève en 2016.
J’avais 20 ans il y a un instant, j’en ai 40 à présent.
Et je constate avec bonheur que la musique a toujours autant le pouvoir de m’émouvoir.

 

Boys Noize (Hall 9) – Dominique Vrignaud

 

 

ROMAIN ET BOYS NOISE (et toute cette soirée aux TRANS 2007)

 

L’impression de vivre un marathon de danse, de musique électronique festive, chaleureuse, et conviviale au cœur de l’hiver dans le hall 9 si métallique et froid lors des Trans 2007 : Boys Noize qui hypnotisent et se met en fusion avec son public, Calvin Harris qui fait danser avec son électro disco chic (il a mal tourné par la suite), Etienne de Crecy – découvert à l’adolescence, à l’époque où je n’avais pas encore mis les pieds aux Trans – qui présente pour l’une des premières fois son installation cubique, lumineuse.

 

The Field (Hall 3) – Nicolas Joubard

 

LAURA ET THE FIELD (TRANS 2009)

 

Un hall, mais lequel ? Il n’est, je crois, pas très tard. Peu de monde autour de moi, je suis seule. Peu commun pour un vendredi soir de Trans, mais les copains préfèrent boire un coup. Et là, pas « A Paw In My face » mais plutôt une claque !
Je prends les basses, les vibrations, les lumières de The Field dans la face. Dans mon souvenir, tout est étheré, étiré, il y a même peut être un peu de fumée sur scène. Peu importe, ce qui compte c’est cette puissance brute délivrée juste pour moi ou presque, ce vendredi soir de Trans, qui restera gravée en moi encore des années après. Et immanquablement depuis, quand j’entends The Field, n’importe où, n’importe comment, mon cœur se soulève. Cette veille de mes 19 ans, je prends ma première claque électronique. Il y en a eu tant d’autres depuis, mais celle-ci a une saveur unique : celle des premières fois…

 

Dakhabrakha
Dakhabrakha (Hall 4) © Nico M

 

QUENTIN ET DAKHABRAKHA (TRANS 2013)

 

En 2013 je découvre, dans un même geste, Rennes, les Trans Musicales et plus généralement la Bretagne, dont je ne connaissais que le Club Mickey de Carnac des étés de mon enfance.

Les musées le matin, la musique l’après-midi et le soir. J’ai envie de tout découvrir, au point de ne pas me laisser le temps de vivre vraiment une expérience : j’ai peur de rater ce qu’il faut voir. Je suis à la merci des textos des amis : « vite, Hall 8, c’est ouf. » « Green Room, maintenant ! », et ainsi de suite.

Petite pause, je traine devant le mur qui affiche les tweets des festivaliers. J’en vois plusieurs à la suite qui indiquent qu’il se passe quelque chose de très spécial dans le Hall 4. J’y fonce, et pour la première fois de mon séjour le temps s’arrête. C’est DakhaBrakha, quatre ukrainiens qui mélange les styles avec de la musique traditionnelle ukrainienne. Je suis scotché. Ils diffusent en même temps des images des mouvements sociaux qui ont lieu au même moment dans leur pays. Le temps s’est arrêté mais en même temps je le vis plus intensément. C’est peut-être ça un festival. Les Trans ont maintenant intégré mon emploi du temps culturel de l’année. Je ne me poserai plus la question de savoir ce que je fais le premier week-end de décembre : je serai là.

 

Saro

Saro – © Alexis Janicot

 

 

MARGAUX ET SARO (TRANS 2017)

 

Fatigués de la soirée, un ami et moi on décide de s’asseoir dans les gradins du Hall 9 entre deux artistes. Puis commence Saro, le son et les lumières nous réveillent, on redescend dans la fosse au plus près de l’artiste et on danse jusqu’à la fin !

 

Lysistrata
Lysistrata (L’Etage) – © Alexis Janicot

 

ALEXIS ET LYSISTRATA (TRANS 2016)

 

Samedi après midi, je suis au village des Trans, rares sont les fois où j’ai le temps d’aller voir les concerts de l’après-midi. Cette fois, je décide d’aller un peu au pif mater un jeune groupe Français de post-H&C/Math-Rock (oui ça existe encore me dis-je). J’avais envie de sueur et de rage cet après-midi là. Et bien c’était tout bonnement incroyable, déjà ce sont des kids, et des kids qui font une musique loin des facilités du moment, celles où tu pousses 2-3 boutons sur un pad avec du delay et vocoder dans la micro pour faire des musiques de pub pour une marque de bagnole vous voyez ? 3 gosses donc, (oui ils avaient à peine 19 ans à l’époque), qui arrivent à digérer et recracher des influences aussi complexes et techniques que du ISIS et Cult of luna. Une présence scénique incroyable. Les mecs étaient à 10.000 pieds, un sacré moment. Depuis ils font un carton un peu partout où ils passent. Bravo.

 

 

Con Brio
Con Brio (Hall 9) © Elodie Le Gall

 

THOMAS ET CON BRIO (TRANS 2016)

 

Novembre deux mille seize. Je suis venu à Rennes pour faire des mathématiques mais ce qui me fait le plus vibrer dans la vie c’est la musique, alors quand une amie me dit qu’elle a pour moi une place pour les Trans, je saute de joie et je me jette sur la prog.

 

Vendredi deux décembre. S’il y a un groupe que je ne veux pas louper ce soir, c’est Con Brio. Les voilà devant moi dans le Hall 9, je suis en trans, les mecs assurent, ils vivent leur soul funk à 200% ! La section de cuivres affole mes oreilles, la basse et la batterie résonne dans tout mon corps et je ne peux décrocher mes yeux de l’incroyable jeu de scène du chanteur Ziek McCarter.