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La formation Prisme et les Trans, un compagnonnage de longue date

26.01.2021

Les Trans sont partenaires au long cours d’une formation sur les métiers techniques organisée par l’association Prisme. Cette relation passe par l’accueil de stagiaires sur les Trans Musicales et sur différentes dates de la saison, mais aussi par la mise à disposition de l’Ubu pour des modules spécifiques. Du 7 au 12 janvier, quatre sessions de formation y ont ainsi été organisées.

Une formation créée il y a 20 ans, en lien avec les Trans

La création de cette formation en 2000 est née d’un constat : les stages dans la technique jusqu’alors proposés à l’Ubu et par d’autres structures culturelles ne permettaient pas un véritable suivi des stagiaires, qui étaient susceptibles de décrocher à tout moment. La Mission locale contacte alors Robin Desse, aujourd’hui directeur de Prisme, qui avait déjà travaillé dans différents festivals ou salles, pour mettre en place un véritable parcours de formation, dont le partenariat avec des structures culturelles locales doit permettre un volume de stages très important.

Financée par la Région Bretagne, la formation est accessible aux demandeur·euse·s d’emploi ou aux personnes en décrochage scolaire ayant déjà une première expérience de bénévolat dans le secteur. « Ces personnes en insertion ont des profils qui correspondent aux nôtres à nos débuts. Elles sont à la recherche de leurs voies personnelles, et des bénévoles qui deviennent professionnels au fil du temps, c’est tout le parcours des personnes qui ont créé les Trans Musicales » indique Béatrice Macé, co-fondatrice et directrice des Trans.

Robin Desse souligne également une évolution et une structuration de l’offre de formation dans les musiques actuelles : « dans les années 80 et 90, il n’existait pas de formation dans ce secteur, nous avons tout appris sur le tas. Aujourd’hui la législation et les réglementations ont beaucoup évolué et la technique s’est complexifiée – logique de réseaux numériques, importance de la vidéo accrue – et de nouveaux métiers sont apparus. »

Le déroulé classique d’une année de formation avec des accueils à l’Ubu et de l’ensemble de la promotion sur les Trans Musicales

La confrontation au terrain, puis la vérification des acquis et leur renforcement, est la base de la pédagogie mise en œuvre. Ainsi, sur une année « classique », après un mois de septembre fait de modules d’apprentissages notamment en électricité, les stagiaires vont avoir accès à entre 20 et 25 plateaux techniques au sein des établissements partenaires de Prisme – soit un rythme très soutenu, même pour un·e professionnel·le. L’Ubu, L’Antipode MJC, le Jardin Moderne, le Liberté, mais aussi la Maison des Associations, le Théâtre National de Bretagne, la Paillette… L’idée est de découvrir la plus grande variété possible de contextes de travail, même si le principe des métiers reste le même : s’adapter à la demande des artistes et aux contraintes des productions.

Les stagiaires de la formation prisme testent la table de mixage de l'ubu.

Pour l’Ubu, en dehors des spécificités du lieu (notamment une scène et un backstage plutôt contraints en termes d’espace), la diversité des formats de soirées permet d’appréhender des manières de travailler différentes. Ainsi une soirée 20H-1H avec deux groupes et un DJ permet de suivre les préparations avec les artistes et les changements de plateaux nécessaires, quand le format club en 0H – 6H va demander un travail plus poussé sur les lumières dans la salle et souvent plus de dispositifs vidéo.

Courant novembre débute un chantier collectif sur les Trans Musicales, où tou·te·s les stagiaires participent pendant deux semaines et demie à toute l’implantation du festival puis à son exploitation, notamment au Parc Expo. Aménagement et décoration des halls, montage des scènes, construction des loges, installation des barrièrages… tous les aspects d’un montage sont observés et expérimentés.

Benoît Touchard, régisseur du Hall 9 sur le festival, accueille 2 à 3 stagiaires chaque année sur cette scène. « L’intégration aux équipes n’est pas un renfort : cela demande du temps et de l’attention, ils sont là pour appréhender un nouvel environnement, qui sur les Trans Musicales va faire appel à de très nombreux professionnels ». « Un stagiaire ne remplace en aucun cas un professionnel », abonde Robin Desse, « mais au fur et à mesure des expériences obtenues cela peut devenir un confort — tout le monde comprend bien l’intérêt d’être entouré de personnes formées et le plus opérationnelles possible. »

Une passerelle vers la professionnalisation et les perturbations liées à la crise du COVID-19

Ces stages sont aussi un moyen de se faire connaître, et c’est ainsi que chaque année de très nombreux·euses ancien·ne·s stagiaires (dont la plupart poursuivent leurs études par la suite) sont membres des équipes présentes sur le festival. « Dans un secteur qui peut connaître un turn-over assez important, et pour lequel toute une génération est en train de partir à la retraite, c’est important d’avoir du sang neuf qui a pu cumuler beaucoup d’expériences » explique Benoît Touchard.

L’annulation de la grande majorité des concerts au dernier trimestre 2020 a ainsi fortement impacté l’expérience des stagiaires. Les modules programmés chaque année début janvier à l’Ubu, qui consistent en une analyse de la progression technique et en un renforcement notamment sur le son, ont donc été en partie adaptés. « J’ai animé pour la première fois un stage présentant le travail de régisseur plateau, un poste clé mais auquel ils n’ont pas pu être confrontés cette année » précise Benoît Touchard. « Ça n’est pas du tout la même chose de participer à une résidence où l’on ne travaille que sur de la préparation. Sur ces jours de formation, par exemple, on revient exactement sur ce qu’implique un changement de plateau, ce que les stagiaires n’ont pas pu expérimenter jusqu’ici, faute de concert. »

« Concrètement, aujourd’hui le tapis roulant de la formation vers la professionnalisation est bloqué. Sans perspectives d’intégration à une structure via un contrat d’apprentissage, cette année, cela va être très compliqué » confirme Robin Desse. S’il faut terminer sur une note positive, bien que les métiers de la technique aient longtemps été très masculins, la parité dans les candidatures comme dans la promotion était cette année effective. Et, autre fait marquant, quasiment 100% des femmes ayant été stagiaires depuis le début de la formation sont aujourd’hui devenues professionnelles.

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