Flashback

UBU, EARLY YEARS : Lenny Kravitz

20.05.2020

Ubu, Early Years est une exposition créée à l’occasion des 30 ans de l’Ubu en 2017 : une photo d’un artiste programmé dans les premières années du club illustre un témoignage de Jean-Louis Brossard, son directeur artistique. On retrouve ici Lenny Kravitz, qui avait joué à l’Ubu le 6 décembre 1989 à l’occasion des 11e Rencontres Trans Musicales.

Je l’ai découvert grâce au directeur artistique de Virgin America avec qui j’avais bossé sur Fishbone. Il m’avait envoyé le premier album de Lenny Kravitz, le projet archi-inconnu, et j’avais trouvé ça vraiment très très chouette. Chez Lenny, il y a pas mal d’influences : tu retrouves du Prince, tu retrouves du Jimi Hendrix, tu retrouves du Otis Redding, du Sly Stone, enfin il a fait un peu le grand mélange de tous les afro-américains bien funky d’une certaine époque pour arriver à faire sa musique à lui qui est pour le coup très rock.

“Il avait un super son, un super groupe — les mecs c’étaient des tueurs”

Il est venu à l’Ubu, c’était en première journée des Trans, un mercredi. Il avait un super son, un super groupe — les mecs c’étaient des tueurs. Sur Lenny Kravitz il y avait du buzz, le temps qu’il arrive aux Trans, l’album était sorti et tout le monde avait envie de le voir. Les gens étaient intéressés, pas que les médias, les gens qui achètent des disques tout simplement, ça passait pas mal en radio à l’époque. Kravitz est un peu né aux Trans, il en parle souvent dans ses interviews en disant que c’est le festival qui l’a lancé.

Il commençait la soirée et en deuxième groupe j’avais mis un anglais qui s’appelle Otis Grand & The Dance Kings — un groupe de blues avec des cuivres, qui était vraiment bien, mais les pauvres, ça a été super dur. On était dix peut-être sur le concert, c’était affreux, tout le monde était parti. Donc je vais le voir après et je lui dit « Oh Otis, I’m so sorry » et lui me dit avec sa grosse voix : « Jean-Louis, it’s the blues ». Par contre il a eu sa petite vengeance, j’ai vu des articles dans la presse anglaise où il disait que Lenny Kravitz avait fait sa première partie, son support band comme on dit en Angleterre !”