Flashback

Les Trans en prison

12.01.2021

Retour sur l’édition 2019 de Sound From

La relation entre les personnes détenues dans les établissements pénitentiaires à Rennes et Les Trans a commencé en 1990 avec un concert de Kid Frost proposé à l’ancienne prison des hommes Jacques CartierDe nombreux autres rendez-vous ont eu lieu par la suite au sein des prisons rennaises pour hommes et pour femmes.

 En 2015, la relation avec le Centre pénitentiaire pour Hommes de Rennes — Vezin s’est formalisée, et les propositions des Trans en prison ont intégré le dispositif Sound From, mené en partenariat avec la Ligue de l’enseignement, l’Antipode, le Jardin Moderne et l’Orchestre National de BretagneDans ce cadre, les personnes détenues participent tout au long de l’année à des stages de création musicale, des concerts, des cours de MAO (Musique Assistée par Ordinateur), des conférences et des initiations à la technique.

Pour l’édition 2019 de Sound From, nous avons laissé le soin de la réalisation d’une vidéo rétrospective aux personnes détenues au sein du CPH par l’intermédiaire de son canal interne. Le canal interne est un circuit de diffusion audiovisuel propre à chaque établissement pénitentiaire dont le fonctionnement est assuré par des personnes détenues accompagnées par des intervenant·e·s extérieur·e·s. Sortir des images des enceintes pénitentiaires n’est pas chose aisée et comme tout vient à point à qui sait attendre, c’est avec un grand plaisir que nous pouvons présenter aujourd’hui ce travail.

Et pour mieux l’introduire, revenons sur le programme de cette édition 2019.

A l’automne, un groupe volontaire de personnes détenues a co-construit un programme d’activité en fonction de leurs goûts et de leurs identités. Avec l’aide des structures partenaires du projet, ils ont choisi quatre artistes qui sont intervenu·e·s au Centre Pénitentiaire pour les accompagner dans la création de morceaux : Olivier Leroy, Lina Bellard, Pierre Normand et Lucas Elzière (Mohican). Durant sept ateliers, ils ont écrit des paroles, composé des rythmiques avec des percussions, ont choisi des mélodies à la harpe pour leurs textes et découvert les projets des Trans, du Jardin Moderne et de l’Antipode.

 « On a senti que les musiciens voulaient vraiment nous donner un petit peu de qui ils sont. » Julien*.

Il a été proposé, à ceux qui étaient intéressés par l’envers du décor, de découvrir l’organisation d’un concert. Ainsi, quatre personnes sont venues à l’Ubu le temps d’une journée de novembre pour réaliser une initiation à la technique avec un régisseur professionnel. L’objectif de ces actions artistiques et culturelles était de monter sur une scène au sein du CPH pour réaliser la deuxième partie du concert de Guiss Guiss Bou Bess proposé dans le cadre des 41è Rencontres Trans Musicales le 3 décembre 2019.

« Ça nous donne de la joie. Et tout le monde a été respecté pendant le concert. Largement respecté, même maintenant quand on croise des surveillants dans les couloirs. » Gérard*

« Le soir, dans ma cellule, après l’atelier musique, je dormais bien. Ça m’a  redonné le goût de l’écriture. » Tony*

En amont, pour préparer plus largement la venue des personnes détenues du Centre Pénitentiaire au concert des Trans Musicales, une conférence de Marta Amico présentant quelques aspects de la musique du groupe Guiss Guiss Bou Bess (le Sabar) avait été organisée. 

Avec le soutien de la DRAC Bretagne et de la DISP Rennes — Grand Ouest, et en partenariat avec l’Antipode MJC, le Jardin Moderne, la Ligue de l’Enseignement d’Ille-et-Vilaine et l’Orchestre National de Bretagne.

 *Les prénoms ont été modifiés.