Flashback

UBU, EARLY YEARS : Noir Désir

06.05.2020

Ubu, Early Years est une exposition créée à l’occasion des 30 ans de l’Ubu en 2017 : une photo d’un artiste programmé dans les premières années du club illustre un témoignage de Jean-Louis Brossard, son directeur artistique. On retrouve ici Noir Désir, qui avait joué pour l’ouverture officielle les 2 et 3 octobre 1987.


Jour de passage : 02/10/1987

C’est un groupe que j’ai connu par l’intermédiaire de Theo Hakola, le chanteur d’Orchestre Rouge, qui avait joué aux Trans en 1980 puis après avec Passion Fodder. Il était en train de préparer la production de leur premier album et il m’avait envoyé une cassette marquée Noirs Désirs. Tout de suite elle m’avait interpelée, j’aimais beaucoup l’énergie que dégageait le groupe, la voix de Bertrand, alors j’ai décidé de les faire aux Trans. C’était à l’Ubu en 86, avant même que le groupe n’ait sorti un album, et ça a été un concert d’anthologie. En France, il n’y avait pas vraiment de groupes qui sonnaient comme ça, avec cette énergie assez proche des groupes de Detroit : MC5, Stooges… D’ailleurs, ils reprenaient des morceaux d’Iggy Pop. Et aussi Helter Skelter des Beatles, ils en avaient fait une version absolument apocalyptique !
Après on est devenu très potes parce qu’ils sont revenus pour l’inauguration de l’Ubu en 87 pendant deux jours. C’était assez marrant, on a fait pas mal de concerts avec l’équipe des Trans à la salle de la Cité, ils ont joué un peu partout et puis on s’est croisés pleins de fois. Super groupe de scène, et ils ont fait des chouettes disques. C’est un groupe avec lequel on a collaboré durant toute son existence.

“ J’avais reçu une cassette sur laquelle était écrit Noirs Désirs”

Il faut savoir que les Noir Désir étaient un peu techniciens sur scène aussi, ils ont été roadies comme on dit. Ils montaient le matos, filaient des coups de main pour gagner un peu leur croûte, ce qui leur permettait de voir pas mal de concerts. Les grosses influences de Noir Désir, c’est deux groupes : le Gun Club d’un côté, qui était le groupe de Jeffrey Lee Pierce, et Les Nus de l’autre, un groupe Rennais qu’ils avaient vu à Bordeaux. D’ailleurs ils ont repris leur Johnny Colère. Ils ont bien aimé l’énergie des Nus, mais aussi la façon d’écrire de Christian Dargelos.”