Flashback

UBU, EARLY YEARS : Yargo

10.05.2020

Ubu, Early Years est une exposition créée à l’occasion des 30 ans de l’Ubu en 2017 : une photo d’un artiste programmé dans les premières années du club illustre un témoignage de Jean-Louis Brossard, son directeur artistique. On retrouve ici Yargo, qui avait joué dans le cadre des 9e Trans Musicales de Rennes, le 9 décembre 1987.

Yargo, c’est un quartet qui vient de Manchester. C’est un groupe que j’avais découvert avec leur premier album qui s’appelait Bodybeat et qui était distribué par London Records. On les a fait à l’Ubu la première fois en 1987 et c’était complètement magique. Ils sont revenus pour les dix ans des Trans l’année suivante, et c’est un groupe qu’on a fait tourner par la suite, Béatrice [co-directrice des Trans] s’en occupait à la Maison de la Culture où l’on travaillait avec Hervé Bordier.

“Je connais plein de gens, que ce soit en Angleterre ou en France, pour qui la reformation de ce groupe serait l’évènement de l’année.”

C’était un groupe très particulier où il y avait un chanteur un peu less is more, c’est-à-dire qu’il ne chantait pas tout le temps, donc il y a des grosses plages instrumentales, la musique est posée et les choses se font. Le bassiste utilisait des effets très atypiques et souvent il était en lead sur la basse, et la guitare était plus rythmique. Le batteur avait fait un truc qui avait été repris par tous les batteurs rennais : il avait collé une pièce de monnaie sur sa pédale de grosse caisse pour intensifier le son. J’oublie de parler du cinquième homme du groupe qui s’appelait Pablo et qui était Jamaïcain. C’est lui qui faisait le son et souvent il dubbait le groupe sur scène, surtout la batterie. Ça donnait quelque chose de vraiment extraordinaire.

Ils sont revenus plein de fois, on les connaissait bien, et puis le groupe a explosé. Paddy Steer, le bassiste, est revenu avec le projet Homelife, où ils étaient une vingtaine de musiciens sur scène dont des gens de 808 State. Yargo reste un très grand souvenir et je connais plein de gens, que ce soit en Angleterre ou en France, pour qui une reformation de ce groupe serait l’évènement de l’année. Ils étaient dans un travail du son qui a été repris peu après par des Djs comme Mushroom de Massive Attack. Ils ont vraiment fait avancer la musique, c’est pour ça que ça reste un groupe culte.”