Retour aux sources : Niteroy

27.10.2021

On découvre souvent les artistes sur scène, sur album ou dans un clip. On peut aussi apprendre à les connaître autrement, en s’intéressant aux groupes et aux morceaux qui les inspirent ou les ont inspirés, et qui sont même parfois à la source de leur cheminement musical.

Le Rennais Tiago Ribeiro, alias Niteroy (clin d’œil à la ville de Niterói, voisine de Rio de Janeiro, dont est originaire sa mère), nous emmène sur la piste de ses inspirations musicales brésiliennes.

L’album Força Bruta (1970) de Jorge Ben Jor

« Depuis que je suis enfant, mes parents me font écouter tous les grands noms de la musique brésilienne : Caetano Veloso, Gilberto Gil… Pourtant, il y a un artiste qu’ils ont oublié de me présenter, c’est Jorge Ben Jor. C’est un ami qui me conseille un jour son album Força Bruta. Je tombe fou de ce disque, au point que je l’écoute tous les jours. Il devient ma bible. Tout est absolument majestueux : les mélodies vocales, les arrangements, la naïveté de l’interprétation, les références à la culture afro-brésilienne… Quand j’entends le chant de Jorge Ben Jor, j’ai soudain la sensation d‘être dans la baie de Guanabara à Rio. Je me mets alors à composer avec cette image en tête. C’est comme ça que naît en 2019 le projet Niteroy ! »

L’album Cavalo (2013) de Rodrigo Amarante

« C’est au Brésil, en 2015, que j’ai découvert le premier album solo du chanteur Rodrigo Amarante. Un ami de mes parents m’a d’abord fait écouter les deux autres groupes au sein desquels il joue : Los Hermanos et Little Joy. Puis, avec Cavalo, je succombe totalement. Rodrigo Amarante saupoudre ses mélodies pop nostalgiques avec de la musique traditionnelle brésilienne. Tout ça dans un album ultra minimaliste, avec des choix d’arrangements absolument divins. Je tombe amoureux de sa voix, de sa poésie, de son sens de l’harmonie, de son esthétique. Son concert à la Maroquinerie à Paris en 2018 est un moment de grâce ! C’est une de mes plus grosses inspirations. »

L’album Marcos Valle (1983) de Marcos Valle

Marcos Valle — Estrelar

« J’ai découvert cet album de Marcos Valle avec le morceau Estrelar. J’adore l’aspect kitsch des sons. Il en ressort un je-ne-sais-quoi de tropical. C’est sans doute la pochette et les arrangements qui donnent cette impression-là. C’est en quelque sorte l’album qui m’a fait aimer et comprendre le groove. L’utilisation des synthés et du piano électrique Rhodes m’a énormément inspiré. Le résultat est à la fois très accrocheur et super classe. »

L’album Mala (2013) de Devendra Banhart

« J’aime beaucoup l’approche ultra minimaliste de Devendra Banhart avec cette voix chantée à faible volume. Mala me rappelle certains disques de bossa nova. Les arrangements un peu désaccordés sont à la fois fun et mignons. Il y a quelque chose de très cocooning, la sensation d’être près d’un feu de cheminée au cœur de l’hiver. Et puis, Devendra Banhart réalise lui-même ses pochettes. J’ai toujours trouvé cette démarche hyper classe. Cet album m’a fait comprendre l’importance de créer son propre univers. »

Maracatu Atômico (1974) de Gilberto Gil

« Un vrai tube et l’un de mes morceaux préférés de Gilberto Gil. Le guitariste est pour moi un des maîtres incontestés de la musique brésilienne. En 2019, en visitant Salvador de Bahia, la ville dont il est originaire, je me suis rendu compte de la puissance de la culture du Nordeste [la région du Nord-Est du Brésil] et de l’influence de la culture afro-brésilienne dans ce pays. Cela m’a énormément inspiré car je n’étais familier qu’avec la musique carioca (la samba, le choro, la bossa nova…). Là-bas, j’ai compris énormément de choses sur Gilberto Gil et sur son approche de la musique. »

Niteroy est en concert gratuit aux Trans Musicales le jeudi 2 décembre à L’Étage.

Niteroy est un groupe accompagné par Les Trans.