Trans Musicales 2026 : l’édito
“Loin de toute posture hors-sol, loin de tout repli sur une poignée d’initié·es, avec Les Trans, la musique circule et rassemble.” Voici l’édito des 48es Rencontres Trans Musicales de Rennes, qui se tiendra du 2 au 6 décembre 2026.

Elodie Le Gall
Vous l’avez remarquée ?
Cette rupture inédite et ultra-rapide du pacte républicain sur l’importance de l’enjeu culturel dans notre société, vous l’avez remarquée ?
Entre idéologie ultra-libérale (où l’intérêt général semble devenu une entrave dans la course au profit d’une minorité), poussée réactionnaire et repli identitaire, l’idée que la culture coûterait trop cher et serait réservée à une élite se banalise peu à peu.
Comme le domaine de la santé, de la protection sociale ou de l’éducation, les structures culturelles et artistiques subissent une forte contraction de leurs moyens.
C’est d’autant plus cruel et absurde qu’un euro d’argent public investi dans « la culture » en rapporte bien plus au territoire.
Mais réduire cette rupture à la seule question financière, c’est passer à côté de l’essentiel.
L’essentiel ?
Dans un monde aux ressources limitées, la culture et la musique produisent des effets infinis.
Et la musique est partout.
Dès le plus jeune âge, dans toutes les langues, partout sur la planète, elle nous fait réagir.
Elle réunit, émeut, énergise, provoque, élève, défoule, transgresse, transcende.
Vouloir rétrécir ce champ des possibles culturels, c’est vouloir réduire toute personne, l’enfermer, la contenir, l’isoler.
C’est porter atteinte à notre humanité.
D’où parlons-nous ?
Les Rencontres Trans Musicales de Rennes, un festival né il y a 47 ans de l’énergie de jeunes bénévoles mobilisé·es pour ouvrir plus grand le spectre de la musique vivante.
Un événement qui représente l’aboutissement annuel de l’action de l’Association Trans Musicales au quotidien, en proximité et en lien avec des personnes aux situations et aux profils variés.
Chaque année, notre action court bien au-delà du festival, notamment à l’Ubu, et nous met en relation avec des crèches, des écoles, des collèges, des lycées, des foyers d’hébergement, le centre pénitentiaire pour hommes, des EHPAD, des missions locales, des centres médico-sociaux…
Nous parlons depuis ce que nous observons, dans la relation avec les personnes présentes sur les divers territoires où nous sommes présent·es, et il s’agit aussi bien du centre-ville de Rennes que du quartier de Villejean ou d’un café-concert à Guern en Centre-Bretagne…
Nous ne décrétons pas, nous écoutons, regardons et agissons.
Nous n’excluons pas, nous rencontrons, accueillons et partageons.
Loin de toute posture hors-sol, loin de tout repli sur une poignée d’initié·es, avec Les Trans, la musique circule et rassemble.
Les Trans, c’est politique ?
Est politique ce qui participe à l’organisation de la vie de la cité, de la société.
Faire confiance à la curiosité des personnes pour venir découvrir ce qu’elles ne connaissent pas encore ;
Faire le pari de programmer des artistes du monde entier encore inconnu·es ;
Rassembler des dizaines de milliers de personnes, au-delà des genres et des générations, les voir danser jusqu’au petit matin ;
Préserver de nombreux concerts gratuits, pour permettre au maximum de personnes d’y prendre part ;
Inviter à participer à la Contribution Environnementale pour soutenir des associations engagées dans la décarbonation ;
Travailler à réduire l’impact carbone des Trans Musicales ;
Mettre en débat les questions artistiques, sociales et culturelles ;
c’est politique !
Alors, levons le voile sur le programme des 48es Rencontres Trans Musicales de Rennes, ce festival trans-genres (musicaux).
