UBU, EARLY YEARS : Barrence Whitfield & The Savages

14.05.2020

Ubu, Early Years est une exposition créée à l’occasion des 30 ans de l’Ubu en 2017 : une photo d’un artiste programmé dans les premières années du club illustre un témoignage de Jean-Louis Brossard, son directeur artistique. On retrouve ici Barrence Whitfield & The Savages, qui avaient joué à l’Ubu le 15 mars 1988.

J’ai découvert ce groupe via mon ami Jean-Marc Nicolas, qui était jusqu’à récemment le président de l’asso des Trans. Il m’avait offert le premier album qui était sur un label américain qui s’appelait Mamou Records, un peu ciblé Sud des États-Unis. J’ai beaucoup aimé parce que ça faisait longtemps qu’on avait pas entendu des « blacks » faire quelque chose de très rock and roll, avec un petit côté soul et quelque chose à la Little Richards. Un shouter quoi, avec une pure voix qui sait hurler, et je n’en connais pas beaucoup — il y a Screamin’ Jay Hawkins bien sûr, mais ça c’est une autre histoire.

“Barrence est venu cinq fois à l’Ubu !”

Donc je les avais invité à l’Ubu et on s’était vachement bien entendu, on avait beaucoup parlé musique. Ensuite j’ai refait Barrence Whitfield aux Trans Musicales et j’ai même demandé à son groupe, les Savages, s’ils pouvaient accompagner Bo Diddley qui était venu tout seul. Évidemment pour eux c’était un honneur de jouer avec Bo Diddley, qui est une véritable légende du rock and roll. Le soundcheck a duré à peu près 15 minutes : ils ont fait un petit morceau et après Bo n’a joué que des intros et des fins de morceaux avec le batteur, et le soir c’était un super concert.

Barrence est venu cinq fois à l’Ubu ! Toujours une pure énergie, et il sort des bons disques. Ils ont eu leur heure de gloire à un moment, pour les deux ou trois premiers albums, et ensuite ils ont été moins dans la lumière comme d’autres groupes, les Lyres, les Fleshtones, qui ont été assez marquants sur une période et qui vont ensuite sur des plus petits labels. Pour la petite histoire, quand le label New Rose a décidé de rééditer le premier album de Barrence Whitfield, c’est moi qui ai prêté cette fameuse pochette de disque pour qu’elle soit reproduite parce que c’était devenu introuvable !”