Retour aux sources : Famous

26.04.2022

En baptisant un de ses morceaux phares The Beatles, le trio de rock anglais Famous ne facilite pas la tâche des personnes voulant faire des recherches sur Internet sur ce groupe, mais il livre déjà un bon indice sur ses influences. Entre deux bouffées de cigarette électronique, Jack Merret, chanteur désenchanté, nous en dit plus sur ses inspirations musicales qui n’ont rien de fumeuses.

Strawberry Fields Forever (1967) des Beatles

The Beatles — Strawberry Fields Forever

« Mon expérience musicale la plus puissante a été la découverte des Beatles. J’avais 10 ans quand on m’a mis entre les mains un livre sur le groupe. Je ne l’avais encore jamais écouté mais son histoire m’a captivé. J’ai commandé le CD Rubber Soul, puis, au rythme d’un album par semaine, toute la discographie. Les Beatles incarnent les possibilités illimitées de la musique. J’écoute encore aujourd’hui Strawberry Fields Forever. Dans cette chanson, qui me secoue toujours autant, John Lennon évoque son enfance de manière nostalgique et imaginaire. Il atteint l’universel avec son histoire intime. Il a influencé ma manière d’écrire sur ma propre vie. Sur notre dernier EP, une de nos chansons s’intitule The Beatles. C’est sans doute l’une des plus sérieuses que j’ai écrite. Je traversais alors une période difficile de ma vie. C’est une chanson d’amour sur le mode de la confession. Elle exprime une expérience romantique intense, le moment où l’on tombe amoureux de quelqu’un. Je voulais exprimer un sentiment d’honnêteté et de pureté. J’ai repensé à mon enfance, quand j’étais lié de manière simple et passionnée à la musique des Beatles. »

Folsom Prison Blues (2006) par Joaquin Phoenix

Johnny Cash — Walk the Line — Joaquin Phoenix — Folsom Prison

« Folsom Prison Blues est la première chanson que j’ai appris à jouer à la guitare. Johnny Cash est un de mes héros. Je l’ai d’abord découvert sous les traits de Joaquin Phoenix dans le biopic Walk the Line (2006). J’avais 10 ans quand j’ai vu le film. J’ai aimé son interprétation, son style et sa façon de chanter ce titre. Il m’a donné envie de m’intéresser à celui qu’il incarnait. Les paroles de Johnny Cash m’ont beaucoup influencées. On ne sait pas vraiment si elles sont le reflet de ses propres expériences ou d’une incroyable capacité à se mettre dans la peau d’un autre. Je pense beaucoup à ça, à cette sorte d’espace dans l’écriture entre confession et imagination. C’est cette tension entre les deux qui m’intéresse le plus. J’écoute beaucoup de musique country. J’admire les histoires que ces airs racontent et leur simplicité musicale. The Valley, le morceau éponyme de notre nouvel EP, est en quelque sorte mon interprétation de l’esprit country. C’est une répétition d’accords très simples sur laquelle se superpose une sorte d’histoire décousue. »

Some Enchanted Evening (1967) par Frank Sinatra

Some Enchanted Evening (Remastered)

« Au cours des dernières années, je me suis vraiment connecté avec Frank Sinatra au point que je me suis fait tatouer sa signature sur le cœur. J’aime l’artiste et l’homme. Je prends beaucoup de plaisir à l’écouter. Some Enchanted Evening est ma chanson de Sinatra préférée. Je trouve que cet enregistrement est particulièrement dramatique. Le crooner construit toujours une histoire sans jamais perdre son calme. C’est l’une des raisons pour lesquelles je le trouve si inspirant. J’admire son sens de la performance et son contrôle sur scène. De bien des façons, c’est tout le contraire de ma façon de jouer et c’est ce à quoi j’aspire. »

Symphonie n° 2 en ré majeur, op. 43, Finale : Allegro moderato, de Jean Sibelius (1902), dirigée par Leonard Bernstein avec l’Orchestre Philharmonique de New York (1968)

Symphony No. 2 in D Major, Op. 43: IV. Finale — Allegro moderato

« Contrairement aux autres morceaux de cette playlist, qui correspondent à des moments musicaux qui m’ont vraiment remué, j’ai choisi celui-ci parce que c’était littéralement ce que j’écoutais au moment de concocter cette sélection. J’écoute beaucoup de musique classique dont cette composition de Jean Sibelius dirigée par Leonard Bernstein. Je la trouve à la fois ambitieuse et très cinématographique. Il y a un caractère romantique que nous pouvons revendiquer au sein de Famous mais pas de manière aussi poussée. »

Goodbye Yellow Brick Road (1973) de Elton John

Goodbye Yellow Brick Road (Remastered 2014)

« J’aime beaucoup Elton John. J’ai dû entendre pour la première fois ses chansons vers l’âge de 5 ans. J’aurais d’ailleurs pu commencer cette playlist avec lui. Je me souviens avoir été immédiatement enthousiasmé par sa musique. J’ai tout simplement adoré son extravagance, ses mélodies, son art du divertissement. De manière sarcastique, j’ai toujours dit que je voulais deux chansons à mes funérailles : Goodbye Yellow Brick Road et Disney Girls (1957) des Beach Boys. J’ai donc choisi l’une des deux. J’essaie, dans mes morceaux, de retrouver la même excitation et la même honnêteté que je ressentais, enfant, pour la musique que j’aimais. Il n’y a pas de cynisme. Lors de nos premiers concerts avec Famous, nous reprenions le tube Benny and the Jets. On l’avait transformé en quelque chose d’assez fou et dramatique. Le public adorait. »

Famous est en concert le vendredi 6 mai à l’Ubu, à partir de 21h.