Chronique

Les Trans en résidence (et à distance) : épisode 2

16.04.2020

L’épisode 1 de la résidence artistique en milieu scolaire (en lecture ici) racontait les premiers ateliers de création entre les artistes du groupe MoHican et les élèves de la classe de 3ème C du collège de Combourg. Les mesures prises récemment pour lutter contre l’épidémie de Covid 19 ont contraint à une fermeture des établissements scolaires puis des structures culturelles et à l’arrêt de ces ateliers de pratique en classe. Comme annoncé sur le magazine il y a deux semaines, les Trans ont souhaité continuer leur programme d’éducation artistique et culturelle auprès des publics pendant cette période de confinement. Des parcours virtuels, des jeux, des coloriages, et des histoires à lire constituent une partie de ce qui est mis en place pour faire perdurer les projets d’éducation artistique et le lien entre des artistes, les Trans et des publics. Les ateliers de pratique prennent donc une autre forme, que l’on vous raconte ici, dans l’épisode 2.

Des ateliers de création 

A l’annonce du confinement, trois ateliers de créations avaient déjà été réalisés au collège. Ils avaient permis aux élèves de choisir leurs groupes et leurs noms d’artistes. Des paroles de chansons avaient été écrites et des débuts de compositions avaient été créés. Les élèves commençaient aussi à prendre à cœur ce projet et à y être investis portés par l’envie de continuer leurs créations. 

Une élève de 3ème C lors d’un atelier au collège

Pourquoi continuer ?

Il aura fallu plusieurs jours avant d’envisager que ces ateliers de pratiques pouvaient continuer et plusieurs discussions avec les artistes et les professeurs pour savoir comment mettre en place des ateliers à distance. Continuer ce travail permet de faire perdurer le lien, parfois dur à établir entre des artistes et des élèves. Nous sommes motivés par l’envie de permettre aux élèves de continuer à avoir une pratique artistique et culturelle, des temps d’échanges avec des artistes et des temps collectifs de création pendant le confinement. Cette démarche est soutenue par les professeurs encadrants du projet qui expliquent l’intérêt pour les élèves de voir des personnes différentes de leurs familles ou professeurs habituels. Aussi, ces temps d’ateliers sont vus comme un espace de liberté et d’expression par les élèves et les professeurs. Le confinement renforce donc l’intérêt de leur tenue. Enfin, continuer ce travail permet de garder un espoir sur une possible réouverture des salles de concerts et des établissements scolaires, puisqu’une restitution de ces ateliers doit avoir lieu avant l’été et ainsi de permettre au projet d’aller au bout…

Que faire de la pratique ?

 A l’annonce du confinement, les élèves et MoHican avaient déjà commencé la rédaction de textes et la composition de musique.

chanson du groupe d’élèves de 3ème C “Paris n’est pas en France”

Alors, et pour découvrir le travail entre des artistes et des directeurs artistiques ou producteurs, les ateliers sont désormais consacrés aux « retours » des élèves sur les morceaux déjà commencés. A l’aide d’un questionnaire les élèves critiquent les morceaux et proposent des ajustements, des modifications.

J’aimerais une musique qui fasse bouger les gens et danser” 

J’aimerais que la musique soit à la mode”

 

Pour ceux à qui cela convient, le travail de création continue. Chaque élève est missionné pour enregistrer un son qu’il aime et qui pourrait intégrer le morceau de son groupe. Extraits de discours, bruit des oiseaux, du quotidien, enregistrement d’un morceau de musique : tout est bienvenu. La prochaine étape est donc que les artistes prennent en compte les retours des élèves et leurs capsules sonores.

Retours des artistes et enseignants 

Les premiers échanges ont été fructueux, mais les artistes, comme les professeurs et élèves ont manqué d’un temps de partage en direct. Effectivement, ces allers-retours entre élèves et musiciens se sont faits en différé via la plateforme de l’Éducation Nationale : Moodle.

Alors, pour le début du deuxième atelier à distance, des classes virtuelles (via le CNED) ont été mises en place. Chaque groupe d’élèves était avec un musicien du groupe en direct afin d’échanger et de travailler !

 

 

Du côté des élèves

Durant les classes virtuelles, les élèves ont pu s’exprimer sur leurs morceaux et faire leurs retours en direct aux musiciens. Ce moment a été aussi l’occasion pour eux de demander si les concerts de fin d’année auraient lieu !

 

Captures d’écran de la discussion en ligne lors de la classe virtuelle 

Qu’adviendra-t-il de ces morceaux créés à distance ?

Pour le moment, il est très incertain de pouvoir promettre une restitution sur scène avant l’été. Il est compliqué aussi d’imaginer que le travail de création à distance aurait le même rendu que dans un autre contexte. Cependant, ces ateliers à distance sont un espace d’expression pendant le confinement. Ils permettent d’autres formes d’échanges entre des publics et des artistes et d’autres types d’inspiration. Aussi, ces temps virtuels de création, même s’ils posent de nombreuses contraintes techniques, renforcent l’envie de se retrouver vite, dans les salles de concerts !

Vous pouvez écouter ici un des morceaux d’élèves de 3ème, accompagnés par MoHican en cours de production suite à deux ateliers en classe et un atelier à distance :